Libre Ambulantage à Dakar/VS Cuisine de Rue

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Libre Ambulantage à Dakar, 2013

de Wos agence des hypothèsesClaire Dehove/ Julie Boillot-Savarin avec la collaboration de Paul Appert.
Co-production de l’Institut Français de Dakar (propriétaire des prototypes) et de Claire Dehove/Wos agence des hypothèses

Libre Ambulantage à Dakar, œuvre collective et évolutive, se matérialise par un dispositif de onze prototypes d’étals ambulants adaptables et dépliables. Ce dispositif est le support d’activités éco-citoyennes menées par des associations locales qui permettent de développer Libre Ambulantage à Dakar sur le long terme en tant que projet de Recherche-Action.
Les prototypes ont été réalisés pendant la résidence de WOS à Dakar, à partir des modélisations d’un KIT de construction conçu selon le principe modulaire du jeu de Meccano. Ce « Kit d’Ambulantage », diffusé en open source, propose des principes d’assemblage et une boîte à outils à partir desquels chacun cherche librement la configuration adéquate à ses besoins spécifiques. Une fois la construction du module de base achevée, chaque étal est personnalisé avec ingéniosité, par recyclage, habillage et customization.
Les prototypes sont multifonctionnels, mais certains d’entre eux, équipés spécifiquement pour la vente de denrées et la cuisine de rue, ont joué un rôle fédérateur lors d’expériences collectives.
Le 5 juin notamment, l’association Kër Thiossane et La Companía organisent, à l’invitation de WOS, un de leurs Petits Déjeuners En Commun sur la place du Marché Ndiago à la SICAP Liberté 2, Dakar.
À cette occasion, Les vendeuses du marché disposent leurs produits sur les étals et la foule, attirée par le théâtre Forum Kaadu Yaraax, consomme avec plaisir les beignets et les verres de jus de bissap ou de bouy qui circulent pendant le débat public sur l’économie informelle, puis le concert de reggae. Grâce aux glaciaires et aux thermos placés dans les étals, tout est frais. Les salades sont protégées par les auvents et les planchettes sont tirées pour couper les morceaux de fruits.
Pendant ce temps, Angie, qui prépare un documentaire sur la réhabilitation de plantes africaines traditionnelles dans la médecine et la cuisine, s’affaire auprès de l’Etal-jardin. Il devient son potager mobile et il valorise les vertus aromatiques, diététiques et médicinales de plantes et herbes méconnues ou oubliées. Angie les a glanée près du Lac Rose et les replante dans des boîtes de conserves et des pots recyclés fixés sur la treille de la « brouette augmentée ».
Ce réinvestissement de la place avec les étals est un acte politique, puisque les vendeuses de primeurs et les restauratrices du quartier ont été « déguerpies » par les forces de l’ordre quelques semaines auparavant.
La semaine suivante, les étals scénographient le Marché des Créateurs dans les jardins de l’Institut Français.
Saly Wade, avec sa Cie du Bien Manger, s’associe à l’événement en proposant une sensibilisation à la diététique locale. Les étals sont équipés spécialement de réchauds et de barbecues et deviennent des stands de dégustation culinaire à base d’ingrédients biologiques ancestraux. La Cie du Bien Manger considère les étals comme des outils de transmission de savoir-faire et en tant qu’association partenaire, trois d’entre eux lui sont confiés. Elle souhaite les activer lors de ses workshops ambulants sur les places des mairies et des écoles. Tractés ou poussés à pied, à vélo, ou à scooter, elle déterminera ce qui est le plus pratique. Elle projette également l’amélioration de l’équipement par l’installation d’un petit système pour l’eau, d’une batterie pour une réfrigération optimisée et éventuellement d’un kit d’énergie solaire.
Lors d’événements collectifs, ces étals réintègreront le dispositif global afin de générer des places publiques et de l’en-commun. Il créera un pôle identitaire repérable dans l’espace public où la restauration de rue amplifiera l’échange intercommunautaire suscité par les zones-ateliers et les débats. En tant que dispositif-ressource, Libre Ambulantage à Dakar s’appuie sur la diversification des activités pour permettre la mutualisation des services et des connaissances. Autorisé ou illicite, il est perpétuellement à l’épreuve des usages concrets et des actes transgressifs, tels que le commerce de bouche improvisé.
Eu égard à la controverse violente autour de la prolifération anarchique des « tabliers », notamment les vendeuses de denrées, Libre Ambulantage à Dakar tente de proposer une alternative constructive engageant les responsables municipaux à doter les petites marchandes d’un outil de travail qui aide à les professionnaliser plutôt que d’opérer des « déguerpissements » arbitraires.
L’objectif, à terme, est de développer un vaste dispositif économiquement viable, solidaire et durable.
Wos/agence des hypothèses diffuse les récits et les archives relatifs aux étapes de fabrication et d’usages des prototypes (ou d’étals à réaliser soi-même) ainsi qu’issus des expérimentations in situ. Elle les édite sous forme de Wos Fich’, de Haïkus audiovisuels, de documentaires ou de fanzines.

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